Qu’est-ce que c’est au juste?
Combien de fois dans ma vie ai-je eu droit au commentaire « Anita, lâche prise ! »
À part le fait que j’ai commencé à développer des réactions allergiques à cette phrase, il ne s’est rien passé d’autre.
Je suis toujours douée pour faire un planning, contrôler, ajuster, etc. En fait, j’en suis plutôt satisfaite, car cela me permet d’éviter autant que possible les mauvaises surprises. C’est bien ça ?
La motivation pour développer une compétence
Au cours des 25 premières années de sa vie, chacun vit une expérience marquante. Parfois, surtout à un très bas âge, on n’en est pas conscient et on se condamne pour ce qui nous est arrivé. Par exemple, vous vous sentez abandonné. C’est parce qu’ inconsciemment, vous avez peur de mourir. Cela déclenche à nouveau une autre réaction inconsciente. Vous vous condamnez en concluant : « Je suis seul ». Vous adoptez alors un comportement compensatoire afin de ne plus jamais ressentir ce sentiment de solitude. C’est ainsi que vous développez des compétences dans lesquelles vous êtes et restez en position de leader : par exemple, vous êtes fort en organisation et planning, toujours tourné vers l’avenir: au moins de cette manière, en tant que perfectionniste, vous gardez le contrôle !
À un moment donné, dans certaines circonstances, ce comportement compensatoire ne fonctionne plus. Dans cet exemple, vous êtes alors obligé de lâcher prise.
La difficulté à lâcher prise
Vous reconnaîtrez peut-être quelque chose dans l’exemple ci-dessus. En tout cas, j’y reconnais beaucoup de choses ! Au secours!
Au cours des derniers mois, ce mécanisme m’est apparu de plus en plus claire:
Tout le processus intérieur que je vivais (en choisissant d’émigrer) consistait à lâcher prise. Je m’entraîne donc chaque jour à une chose pour laquelle je ne suis pas doué : le lâcher-prise.
Dans le cas des travaux de toiture (lire ce blog), j’ai d’abord eu le sentiment que j’avais bien lâché prise : je n’étais plus intervenue, après le choix du fournisseur. Il y avait trois hommes (techniques) à qui je pouvais confier ce projet. C’était une première pour moi, car ma zone de confort est : 1) de connaître et de comprendre tous les détails et 2) d’anticiper les tracas. Mais au final, c’était une douche froide et j’étais en colère contre moi-même : je n’aurais pas dû lâcher ! Et, bien sûr, j’étais en colère contre le monde entier qui n’arrêtait pas de me dire de lâcher prise ! C’est bien ce que j’avais fait après tout!?
Cela m’a donné du fil à retordre: comment dois-je comprendre le lâcher-prise ? Et que dois-je faire ou ne pas faire exactement pour y parvenir? Le conseil le plus fréquent que je reçois est le suivant : « Vous pouvez faire toutes sortes de choses en amont, mais lâchez prise sur le résultat. « . Mais cette réponse ne me convient pas.

Actif – passif
Entretemps, en 2025, j’ai également été confronté à la nécessité de lâcher prise dans mon travail. D’ailleurs, ce n’était pas la première fois, mais si l’on est un peu sourd, on a les leçons de vie un peu plus souvent 😉 .
En effet, dans mon travail, je m’efforce également d’atteindre la perfection, mais avec l’émigration, j’ai perdu le fil. J’ai surtout eu du mal à « lâcher prise » et à abaisser la barre pour moi-même. J’ai même baissé la barre au point de devenir si passive que je ne me reconnaissais plus. Est-ce que je m’angoissais à l’idée d’agir, sous prétexte de « lâcher prise » ? Cela commençait à y ressembler ! Au secours !
Ne rien faire est une méthode de contrôle
Lors d’une journée de formation en septembre 2025 sur ce thème, j’ai eu de nouvelles découvertes. « Si vous ne faites rien, si vous restez immobile, c’est tout autant une forme de contrôle. Après tout, vous ne pouvez rien faire de mal si vous ne faites rien non plus ».
Question : Comment sortir de l’impasse ? Réponse : Mettez le paquet sur l’imperfection !
- Lâcher prise n’est pas synonyme de ne rien faire
- Lâcher prise, ce n’est pas tout laisser tomber
- Lâcher prise, ce n’est pas se défausser de ses responsabilités
- Lâcher prise, ce n’est pas se maintenir dans l’inconscience
- Le lâcher-prise, c’est la différence entre ‘ne pas faire quelque chose’ et ‘ne rien faire’
- Le lâcher-prise consiste à vivre en pleine conscience : faire consciemment le choix de faire ou de ne pas faire quelque chose.
Accepter l’imperfection
Morale de cette histoire : l’entrainement sur le lâcher-prise continue !
Je me remets sur les rails, mais il n’est pas nécessaire que tout soit parfait.
En fin de compte, l’univers fait en sorte que tout soit parfait de toute façon.

