Prendre l’initiative.


C’est l’hiver. Je vis maintenant dans un village de 425 habitants, 37 habitants le km2, où je ne connais personne. Par où commencer pour monter mon nouveau réseau ?

Lors d’une balade, nous avons salué notre voisin à 500 mètres. Il s’avère qu’il est belge, marié à une Française. D’accord, 33 % de notre hameau n’est pas français ! Sympathique et international, donc.

A l’occasion de la cérémonie des voeux en janvier, on pensait faire la connaissance de nombreuses personnes. Mais nous étions un peu perdus dans la salle à ambiance froide avec tout ce béton et ces tubes fluorescents. Nous nous sommes donc approchés d’une jeune femme et d’une femme plus âgée pour discuter avec elles: il n’y a pas de hasard. La femme âgée connaissait bien notre maison et avait été à l’école au Charaix. La jeune femme (sa petite-fille par mariage), s’appelle De Jager, car son père était néerlandais. Eh bien, les Hollandais sont vraiment partout !

La Mairie

Quelques jours plus tard, je me suis présentée à la mairie. Les habitants peuvent s’y rendre tous les mardis et vendredis après-midi. Voyons quelles publications sont accrochées aux panneaux, quelles activités ou quels conseils on peut y trouver. En effet, cette commune ne dispose pas d’un site internet digne de ce nom.

J’ai vu qu’il y avait une campagne de collecte de fonds pour l’école primaire et je suis heureuse d’y participer. Mais à part cela, il n’y avait pas de publications pour les nouveaux arrivants. La sécrétaire m’a dit qu’une autre dame du village cherchait également s’intégrer, mais qu’elle avait du mal. Selon elle, on pourrait bien s’entendre.

Et hoppa, je suis donc allée directement de la Mairie sonner à la porte de cette dame, à quelques pas de là. J’ai été chaleureusement accueillie.

Apprendre à connaître ses voisins

Dans un hameau de cinq maisons et d’une petite église, il vaut mieux connaître son voisin, c’est mon opinion. Début février, tous les voisins avaient reçu dans leur boîte aux lettres notre invitation à venir faire connaissance autour d’un apéro. Un apéritif français à 18 heures un vendredi soir nous semblait préférable à un café hollandais à 15h30. Finalement, seul un jeune couple est venu et il y avait tellement de choses à discuter qu’ils ne sont partis qu’à 22h30. Je n’avais pas anticiper: je n’avais plus de biscuits et de bières à proposer. Désormais, nous invitons à l’apéritif et nous servons en même temps de la nourriture solide. C’est aussi plus agréable pour nous-mêmes, bien sûr !

A l’extérieur

La vie devient plus facile au printemps et en été. Même en coupant l’herbe (lire le blog), on peut aussi faire connaissance avec les voisins. Ou lorsqu’une vache entre soudainement dans notre pré, c’est l’occasion d’établir un premier contact avec l’agriculteur. Une promenade au Charaix avec notre petit-fils nous a permis de rencontrer un chien et son maître, chez qui nous avons également été invités le lendemain pour faire connaissance : lui Hollandais et elle Française ! Et puis il y a les quelques évènements annuels à la petite église du Charaix. C’est là que nous avons rencontré et parlé à certaines personnes pour la première fois: par exemple Birgit, une Allemande qui parle couramment le français parce qu’elle vit ici depuis une quarantaine d’années. D’autres rencontres en plein-air m’ont permis de me rapprocher de personnes partageant les mêmes idées. Au marché, par exemple, j’ai discuté avec une dame qui vend des produits pour purifier et vitaliser l’eau. Grâce à elle, j’ai appris le « Qi-Gong de la Marche » dans le village d’Andancette, à 28 km d’ici. Et depuis deux semaines, j’ai créé mon propre groupe dans mon village, dans le but de relier les gens et de continuer à bouger en plein-air pendant l’hiver.

A l’intérieur

Entre-temps, à l’automne, j’ai invité quelques femmes à faire connaissance : cette fois autour d’un café et sous forme de jeu. Et en novembre, je me suis rendue à un salon du zen dans les environs, où j’ai rencontré beaucoup de gens charmants. Je suis également informée de toutes sortes d’activités dans la région grâce à une lettre d’information numérique qui m’a été recommandée. Bientôt, nous rencontrerons un couple de Néerlandais qui tient un camping à proximité et un très joli gîte.

Ainsi, notre nouveau réseau se met en place assez rapidement : c’est l’effet boule de neige!

Maintenant que l’hiver s’installe, nous sommes davantage à l’intérieur. L’hiver est là pour ça.
Mais le sentiment de solitude n’a plus sa place.